Rabaté – Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune


rabaté« Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune » invite à suivre un personnage dépressif et saupoudre cette tranche de vie foncièrement triste d’humour et d’humanité.

Tenancier d’un magasin de farces et attrapes qui donne son nom au titre surprenant de ce one-shot, Patrick se nourrit d’antidépresseur et cultive son malheur depuis le départ de sa femme. Vendeur de rigolade et de dérision, sa vie n’a plus rien d’une farce et son quotidien n’est plus qu’une accumulation de tristesse. Et pourtant, au fil des pages Patrick va faire la rencontre d’une étoile de cirque qui va éclairer son quotidien … une acrobate qui d’une pirouette va lui redonner goût à la vie.

Pascal Rabaté (Les petits ruisseaux, Ibicus, La Marie en plastique) livre une histoire faite de rencontres et d’événements anodins. L’histoire de Patrick, le combat quotidien contre soi-même, ses réflexions, ses sentiments et son désespoir touchent le lecteur comme il faut et où il faut. Ces petites choses qui tracent notre vie, des choix et des décisions qui influent sur notre quotidien et qui au milieu des surprises que nous réserve la vie, nous balancent d’un sentiment à un autre. Des sentiments que Rabaté aborde de manière tellement intelligente, avec une justesse effrayante et un humour qui sait toujours nous faire sourire au milieu de moments qui ne prêtent pas forcément au sourire. Une BD drôle et émouvante sur la vie de tous les jours, pleine d’humanité, d’humilité, de finesse, de tendresse et de charme. Une balançoire entre drôlerie et dépression qui m’a par moments fait penser à la série phare de Larcenet, « Le Combat ordinaire » !

Un Rabaté qui fait tourner la vie de Patrick autour de quelques personnages et qui va chercher l’infiniment petit au milieu de cet univers restreint ; ces petites choses infiniment précieuses qui fleurissent notre existence, surtout quand elle est assombrie par les désillusions. La légèreté du ton et l’authenticité du cadre et des personnages font la réussite de cet album qui aborde la solitude, les relations sociales, amoureuses et familiales de manière intelligente et drôle, avec une telle justesse que ces événements insignifiants en deviennent savoureux.

Usant d’un style graphique totalement différent de celui d’Ibicus, Rabaté accompagne son récit d’un trait épuré qui permet d’aller à l’essentiel en toute sobriété. Les tons pastels d’Isabelle Merlet collent parfaitement à cette tranche de vie que l’auteur partage en toute quiétude.

Si l’absence de chute à ce récit peut décevoir, c’est surtout le fait d’arriver à la dernière page d’une lecture si plaisante qui est dommage.

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